L’avortement est toujours un mal, bref rappel de la doctrine catholique

Introduction

Récemment, les parlementaires ont voté l’inscription de l’interruption volontaire de grossesse dans la Constitution. Cette décision marque un tournant significatif dans la législation, touchant profondément les convictions de nombreuses personnes, en particulier les catholiques. C’est dans cette perspective que cet article trouve sa nécessité, offrant un éclairage sur les enseignements de l’Église concernant l’avortement.

L’avortement peut être défini selon deux catégories principales : l‘avortement direct, soit tout acte visant explicitement à mettre fin à la vie d’un fœtus, et l’avortement indirect, où la mort du fœtus n’est pas recherchée mais survient comme conséquence indirecte de traitements visant à sauver la vie de la mère. Ces distinctions sont fondamentales pour comprendre la position de l’Église catholique sur la question.

Développement

L’Église enseigne que l’avortement direct constitue toujours un mal moral grave, ne pouvant être justifié sous aucun prétexte. Cette position s’appuie sur le principe que toute vie humaine, dès le moment de sa conception, possède une dignité intrinsèque et doit être protégée. En revanche, l’avortement indirect, bien que tragique, n’est pas sujet à la même condamnation, puisque la mort du fœtus n’est pas l’objectif recherché mais une conséquence malheureuse d’une action visant un bien majeur, à savoir la sauvegarde de la vie de la mère.

Au fil des siècles, le magistère de l’Église a réitéré sa position contre l’avortement à travers divers documents et déclarations en voici un bref rappel :

Casti connubii, Pie XI, 1930 : 

“Nous ressentons de pitié pour la mère que l’accomplissement du devoir naturel expose à de graves périls pour sa, santé, voire pour sa vie même : mais quelle cause pourrait jamais suffire à excuser en aucune façon le meurtre direct d’un innocent ? Car c’est de cela qu’il s’agit ici. Que la mort soit donnée à la mère, ou qu’elle soit donnée à l’enfant, on va contre le précepte de Dieu et contre la voix de la nature : « Tu ne tueras pas ! » (52) La vie de l’un et de l’autre est chose pareillement sacrée ; personne, pas même les pouvoirs publics, ne pourra jamais avoir le droit d’y attenter. C’est sans l’ombre de raison qu’on fera dériver ce droit du ius gladii, qui ne vaut que contre les coupables ; il est absolument vain aussi d’alléguer ici le droit de se défendre jusqu’au sang contre un injuste agresseur car, qui pourrait donner ce nom d’injuste agresseur à un enfant innocent ?”

Extrait de Discours aux participants du Congrès de l’Union Catholique Italienne des Sages-Femmes, Pie XII, 1958 :

“Donc, il n’y a aucun homme, aucune « indication »médicale, eugénique, sociale, économique, morale qui puisse exhiber ou donner un titre juridique valable pour disposer directement et délibérément d’une vie humaine innocente, c’est-à-dire en disposer en vue de sa destruction envisagée soit comme but, soit comme moyen d’obtenir un but qui peut-être en soi n’est pas du tout illégitime. Ainsi, par exemple, sauver la vie d’une mère est une très noble fin ; mais la suppression directe de l’enfant comme moyen d’obtenir cette fin n’est pas permise.”

Humanae Vitea, PAUL VI, 1968 :

“En conformité avec ces points fondamentaux de la conception humaine et chrétienne du mariage, nous devons encore une fois déclarer qu’est absolument à exclure, comme moyen licite de régulation des naissances, l’interruption directe du processus de génération déjà engagé, et surtout l’avortement directement voulu et procuré, même pour des raisons thérapeutiques.”

EVANGELIUM VITAE, Jean-Paul II,

“ C’est pourquoi, avec l’autorité conférée par le Christ à Pierre et à ses successeurs, en communion avec les Evêques — qui ont condamné l’avortement à différentes reprises et qui, en réponse à la consultation précédemment mentionnée, même dispersés dans le monde, ont exprimé unanimement leur accord avec cette doctrine —, je déclare que l’avortement direct, c’est-à-dire voulu comme fin ou comme moyen, constitue toujours un désordre moral grave, en tant que meurtre délibéré d’un être humain innocent. Cette doctrine est fondée sur la loi naturelle et sur la Parole de Dieu écrite; elle est transmise par la Tradition de l’Eglise et enseignée par le Magistère ordinaire et universel.”

Citons pour finir le catéchisme de l’église catholique

2270 La vie humaine doit être respectée et protégée de manière absolue depuis le moment de la conception. Dès le premier moment de son existence, l’être humain doit se voir reconnaître les droits de la personne, parmi lesquels le droit inviolable de tout être innocent à la vie. 

“Avant d’être façonné dans le ventre maternel, je te connaissais. Avant ta sortie du sein, je t’ai consacré” (Jr 1, 5 ; cf. Jb 10, 8-12 ; Ps 22, 10-11).

“Mes os n’étaient point cachés devant toi quand je fus fait dans le secret, brodé dans les profondeurs de la terre” (Ps 139, 15). 

2271 Depuis le premier siècle, l’Église a affirmé la malice morale de tout avortement provoqué. Cet enseignement n’a pas changé. Il demeure invariable. L’avortement direct, c’est-à-dire voulu comme une fin ou comme un moyen, est gravement contraire à la loi morale 

Ces citations tirées des enseignements pontificaux illustrent avec fermeté la position constante de l’Église catholique contre l’avortement direct. Elle a invariablement enseigné que la vie humaine est sacrée dès le moment de la conception. Ces documents soulignent l’impossibilité morale de justifier l’avortement direct, même dans des circonstances extrêmes où la vie de la mère est en péril. Ils rappellent le commandement divin « Tu ne tueras pas », affirmant que ni la société, ni les individus, ni même les autorités publiques ne possèdent le droit d’attenter à la vie d’un innocent. L’enseignement de l’Église, enraciné dans la loi naturelle et la parole de Dieu, maintient que tout acte d’avortement direct constitue un grave désordre moral, car il s’agit du meurtre délibéré d’un être humain innocent.

Face aux arguments modernes favorables à l’avortement, qui invoquent souvent le droit de la femme à disposer de son corps, la liberté de choix, ou les circonstances socio-économiques difficiles, la doctrine catholique répond en rappelant la primauté de la vie et la dignité de chaque être humain. 

Conclusion

La question de l’avortement, récemment mise en lumière par l’inscription de l’interruption volontaire de grossesse dans la Constitution, interpelle profondément la conscience catholique. L’enseignement de l’Église, ancré dans une vision de la dignité inaliénable de toute vie humaine dès la conception, affirme avec constance que l’avortement direct ne peut être considéré comme moralement licite sous aucune condition. Cet article, en explorant la complexité de cette question à travers les enseignements magistériels, invite à une réflexion profonde sur la valeur de la vie et le respect de toute existence humaine.

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