De la foi de l’Eglise au culte de l’humanité : la visite du Pape François à Marseille

La venue d’un Souverain Pontife en France n’est pas chose anodine ; c’est même un évènement d’envergure qui suscite la plus grande attention des fidèles catholiques, étant donné la rareté de ces visites et le climat auquel ces derniers doivent se confronter face à la tempête de la laïcité anticléricale qui se déchaine depuis désormais plus de cent-vingt ans.

Plus encore ; l’homélie du Très Saint Père se doit d’exhorter les fidèles et les prêtres à mettre de l’ardeur dans leur foi pour Notre Seigneur Jésus-Christ, particulièrement en ce qui concerne les catholiques de France qui sont perpétuellement persécutés, à la fois par les pouvoirs publics, par les hérésies et désormais par certains de leurs prélats.

Le douze septembre 2008, le Pape Benoît XVI prononçait une homélie mémorable à Notre-Dame de Paris, affirmant la royauté de notre Seigneur Jésus-Christ à travers sa Sainte Eglise, enseignant à la foule du clergé et des fidèles la formidable action insensible de la Grâce qui agit d’elle-même à travers les croyants. Il enjoint les catholiques à s’inspirer de la foi du Moyen-Age qui a bâti les cathédrales ; il réaffirme l’identité de la Sainte Messe, le sacrifice non sanglant répété de la Passion de Notre Seigneur Jésus Christ, et exhorte les prêtres à rendre la liturgie la plus belle, la plus riche possible pour lui faire approcher la beauté des véritables louanges célestes même si elle ne peut véritablement les atteindre. Enfin il affirme la nécessité pour les hommes d’intégrer le cœur de l’Eglise où « chacun peut et doit trouver sa place ». Que de si belles paroles, prononcées dans cette cathédrale, joyau des fidèles de France, qui avaient de quoi les faire espérer encore longtemps que l’Eglise et son Saint Père étaient auprès d’eux.

Le vingt-trois septembre 2023, le Pape François récitait une homélie à Marseille qui aurait dû au moins avoir la même importance que celle de son prédécesseur.

Il convient tout d’abord de relever le cadre de la « célébration » organisée, non pas dans un lieu de culte, mais à même les gradins d’un vélodrome. Une tribune aménagée sur un des côtés, qui fait plus penser à une arène romaine qu’à une Sainte Messe prononcée par l’héritier de Saint Pierre répétant le Sacrifice de Notre Seigneur Jésus Christ face aux fidèles et au clergé qui sont par ailleurs entassés pêle-mêle dans l’arc de cercle que forme le stade. Il n’est pas à préciser que cette célébration a été voulue comme constituée indifféremment de toute tradition et de tout formalisme. L’autel est une table qui fait penser à une tribune de dictateurs soviétiques un neuf mai, aucun crucifix n’est disposé dessus, seule une croix de procession est relayée à sa droite. Cette translation de la croix d’autel vers le côté est l’expression de la mise en retrait de la foi catholique par rapport aux autres religions, tels que l’hérésie protestante, qui se trouvent ainsi satisfaites par une célébration prononcée pour les croyances et les hommes plutôt que pour Notre Seigneur Jésus Christ qui s’en trouve découronné.
Ainsi le Pape François se met en scène dans une célébration coupée de la foi et de la Tradition vivante de la Sainte Eglise ; et qui est destinée à tous les hommes indistincts de confessions et de vocations.
Le Saint Père lui-même s’est orné de vêtements liturgiques inconnus, notamment une sorte de chape de cuire blanche qui fait penser à l’habit d’un marabout animiste. Tout le décorum de cette « célébration », ainsi que le mépris manifeste que le Souverain Pontife exprime pour la France, en séparant ses habitants sans même distinguer les croyants et les infidèles, marquent une volonté d’assumer une position de conquérant, dont les légions ne seraient autre que les foules de migrants fermement organisées dans leurs pérégrinations, que le Saint Père entend imposer aux habitants indistincts du pays dont il foule la terre sous le prétexte d’une charité qui s’exprime elle aussi par un accueil indistinct de croyances.

L’homélie que tient le Souverain Pontife est digne du culte de l’être suprême et de la raison absolue.

Il accuse les fidèles de France d’être des mondains qui ne vivent pas leur foi. Il les désigne comme tristes à cause de la petitesse de leurs cœurs ; faute de charité. Outre une exhortation à cette dernière que l’Eglise sait très bien exercer à travers les missions, notamment par le saint exemple du ministère de Saint-Vincent de Paul que le Saint Père a l’outrage de relever comme modèle contemporain pour la marche à suivre en ce qui concerne l’accueil des migrants ; le Pape François opère deux confusions que le plus dilettant des catholiques aura aisément relevé.


Premièrement une confusion entre devoir social et devoir religieux. Si le devoir de la république, dans le cadre des conventions régulièrement ratifiées auxquelles elle a consenti à ses dépens, est d’accueillir les migrants, il n’en est pas de même du fidèle catholique. Sa foi l’exhorte certes à la charité, mais elle l’enjoint également à convertir celui qui ne partage pas la véritable Foi, qui ne peut passer que par la Sainte Eglise Catholique, comme il le prononce chaque jour dans le Credo. Aussi le Pape François ne peut-il opérer la distinction entre ces différents devoirs puisque lui-même ne correspond plus à la Foi de la Sainte Eglise Catholique qui subsiste à travers sa Tradition vivante héritée de Notre Seigneur Jésus Christ lui-même, chose que n’oublie pas de rappeler Benoit XVI lorsqu’il prononce son homélie à Notre Dame de Paris en septembre 2008.

La deuxième confusion est plus estomaquante encore. Le Saint Père nous parle de la « cohabitation des différentes cultures et religions » comme d’une opportunité pour faire tressaillir la foi dans les cœurs des fidèles. Ce n’est pas le sens de cette phrase qui constitue une confusion, mais le fait de considérer la foi Catholique comme confondue parmi les autres hérésies. Ainsi la foi de Notre Seigneur Jésus Christ, que les Souverains Pontifes des siècles précédents ont tous affirmés à travers l’Eglise comme la seule et véritable foi ; tout cela n’aurait été qu’une méprise, et désormais Notre Seigneur Jésus Christ devrait être relayé au même rang que la croyance des hérétiques protestants, le dieu des infidèles musulmans, et les chimères animistes, bouddhistes. Ces paroles sont inconcevables dans la bouche du Saint Père, mais le sont dans celle du prêtre de l’être suprême qui opère la confusion entre les erreurs des hommes et la foi en Notre Seigneur Jésus Christ. On relèvera par ailleurs que le nom de Notre Seigneur Jésus Christ ne vient jamais à la bouche du Souverain Pontife.
En opérant cette confusion, le Pape François opère par ailleurs une autre confusion, plus grave celle-là. Les croyances étant confondues, ce dernier semble également relever les miséreux qu’il convient d’accueillir comme de croyances différentes, et cette différence serait même un motif d’exercice de la charité. Il proclame par la suite, tout franciscain qu’il n’est pas, que « les pauvres sont nos seigneurs et maîtres » auxquels sont assimilés ipso facto les croyants des autres religions. Ainsi la plus grande dignité pour les hérétiques et les infidèles serait celle de ne pas avoir le foi Catholique, et cela ferait d’eux les créanciers des fidèles de France et d’Occident, engrossés dans leurs mondanités.

Nous ne nous étendrons pas sur le panier garni que fait le Saint Père des Saints de la France qu’il mêle avec les penseurs laïques, la culture en général et mêmes les artistes ; ainsi Saint Vincent de Paul en plus de s’agenouiller devant des migrants mahométans devrait aussi le faire côte à côte avec Gambetta et Rodin.

Et le Souverain Pontife de conclure sur la chance pour la foi des fidèles de France que de pouvoir relever « les défis de la méditerranée ».

Il paraît cohérent de relever que cette homélie constitue un outrage aux catholiques. Une affirmation de l’incohérence de la foi de l’Eglise qu’ils défendent face aux nouveaux dogmes imposés par l’idéologie des droits de l’homme dont le Saint Père se fait l’instrument comme un prêtre jureur. Le constat dressé par les catholiques traditionnalistes, que Rome ne deviendrait plus qu’une espèce de conseil des croyances diverses qui serait là pour ordonner aux fidèles d’obéir aux lois progressistes de leurs états par la manipulation de la foi a été confirmé. Les fidèles de France n’ont pas été exhortés à la prière et à la sainteté, comme les y avait enjoint le Pape Benoît XVI en 2008 ; ils ont été insultés dans le cœur de leur foi, et ont eu la confirmation de cette certitude que Rome n’est plus qu’un instrument du monde, représentée par une Pape paré d’ornements inconnus et se présentant non pas comme un souverain mais comme un conquérant.
 

Messe présidée par le pape François au stade Vélodrome de Marseille : https://www.youtube.com/watch?v=M6GJsOIuBxQ&t=5054s
Homélie de Benoit XVI à Notre-Dame de Paris  : https://www.youtube.com/watch?v=MMAvCQOOfGU&t=901s

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