Chronique Cinéma

Auteur : Vince#6603 , Le : 10/12/2020 12:59:42 , 149 vue(s)

Bon, les fêtes approchent. Cette année est particulière au vu des évènements actuels. Malgré tout, il reste une certaine féérie pendant cette période et il existe des œuvres qui passent le temps et restent chargés symboliquement quoi qu’il arrive. 

Je pense que La fameuse invasion des ours en Sicile fait partie de ces œuvres intemporelles qui auront toujours un écho pour qui sait écouter. 

Nous avons là un film d’animation donc, franco-italien réalisé par Lorenzo Mattotti sorti en 2019. C’est principalement un auteur de bande-dessinée et il signe là, à ma connaissance, son premier véritable long métrage. Le film est une adaptation du roman de Dino Buzzati du même nom. J’avais découvert déjà Buzzati étant encore gamin, au collège, à travers sa nouvelle Le K, qui raconte comment un pêcheur superstitieux passe sa vie à fuir un monstre marin. Quand viendra l’heure de sa mort, il décidera d’aller se confronter à la créature qui lui apprendra qu’en réalité elle ne le suivait que dans le but de lui remettre une perle magique, lui accordant richesse bonheur et prospérité.  

C’est une courte nouvelle qui m’avait déjà marqué à l’époque et ce thème de destinée et de personnage essayant de s’en soustraire reviens aussi légèrement dans ce film, mais un tas d’autres thématiques fortes intéressantes sont développés au fur et à mesure que l’histoire se déroule. 

La fameuse invasion des ours en Sicile se déroule donc en Italie, alors que les humains et les ours vivent chacun de leur côté. Les humains en ville et les ours dans leur montagne. Un jour, le fils du roi des ours est enlevé par des chasseurs, ce qui va déchainer la colère du roi qui décidera de partir envahir la Sicile avec son armée. Ils vont traverser de nombreux périples et l’histoire prends ensuite une autre tournure, qui fait se questionner sur la nature de l’animal et son rapport à l’Homme.  

Là où le film m’a surpris c’est aussi sur son regard très traditionnel apporté à cette question. Il y est question d’enracinement, mais aussi des maux que provoque cette perte de racines. Evidemment, comme tout bon conte, il contient des niveaux de lecture et d’aucuns pourraient y voir un parallèle très parlant de notre société actuelle, des limites du “vivre-ensemble” et des conséquences du déracinement prôné par les “citoyens du monde”.  

C’est en cela aussi que le film pourra toucher un public plus averti, et demandeur de valeurs qui semblent être combattus ardemment par le cinéma industriel de notre époque. Je ne sais pas pour vous, mais le presque profane cinéphile que je suis est las des thèmes proposés par l’industrie actuelle, vantant les mérites d’une société qui ne me fais pas envie. Ce film, dans sa seconde partie, prend à contre-pied cette idéologie et ça fait du bien de voir qu’il existe encore des productions capables de donner une autre vision du monde. 

La première partie du film quant à elle, est d’une grande poésie. Techniquement, le film est donc en rendu d'animation traditionnelle. Pas de 3D à tout-va ni de rythme hystérique, le film prend son temps et nous emmène doucement dans son ambiance. Ambiance d’une grande richesse, mêlant quelques éléments folkloriques orientaux et occidentaux dans une cohérence globale très plaisante.  

Les personnages sont attachants et non-manichéens, l’animation fluide, les décors somptueux et l’intrigue offre de nombreux rebondissements passant tantôt de la tristesse à la joie, de la mélancolie aux promesses d’avenir.  

Nous n'en dirons pas plus pour ne pas gâcher le plaisir de découvrir cette petite pépite qui, il me semble, est passée plutôt inaperçue l’an dernier. C’est aussi un bon moment à passer en famille, le film pouvant donner matière à s’émerveiller aux petits et des pistes de réflexions pertinentes pour les plus grands. 

Je vous souhaite de bonnes fêtes et vous donne rendez-vous dans quelques temps pour d’autres chroniques cinéphiles.  

Passez de bonnes fêtes et Vive le Roy ! 

Votre serviteur, 

Abdallah de Bourgogne. 

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