La politique sans Idéalisme : le régime royal.

Auteur : Puget#8242 , Le : 29/11/2020 01:15:27 , 190 vue(s)

    Il suffit d'ouvrir les yeux. Voyez-vous la masse qui rêve de gilets jaunes, ou d'autres nuits
debout, autant revendicatrices qu'inutiles en tyrannie ? Entendez-vous les forces agissantes qui se                                                                                                                proclament contestataires mais qui proposent la même chose que ce qui les gouverne  ? Observez-
vous à la fois là où mène la démocratie et tous ces agités qui réclament encore davantage de                                                                                                                            démocratie ? Est-il cohérent de dénoncer ainsi les maux sans dénoncer les causes, de constater les
dommages de la maladie tout en prenant pour remède davantage de souches virulentes, de faire le
constat de la plaie et demander de l'ouvrir encore davantage ? En allant au bout de ce raisonnement,
l'esprit se perd et finit par formuler l'oxymore « vive la république et vive la France », une
proposition aussi cohérente que d'affirmer « vive la maladie et vive la médecine »... « Roulant dans
leur esprit des solutions contradictoires, ils en étaient devenus abrutis. » (Tite-Live, Histoire
romaine, XXXIII, 20). Cette façon de procéder apparaît dans la foule ignorante autant que chez
ceux qui se croient instruits. Des médecins, des docteurs en droit, en sociologie, en psychologie, en
philosophie font cette erreur. Et il s'observe ainsi des groupes qui condamnent les conséquences
sans regarder les causes ; ils montrent les incohérences sans délibérer du moyen de les résoudre ;
pire, ils dénoncent les problèmes et en génèrent de nouveaux par les solutions qu'ils proposent. Ils
sont le plus grand nombre. Et ce seul constat devrait suffire à l'esprit mature pour ne pas donner les
rênes du pourvoir à cette masse populaire : exit la démocratie.
Les esprits plus sérieux sont moins agités que les précédents. Et les constats des siècles
passés leur fait prendre en considération les conclusions obtenues par les intelligences qui
comprennent ce premier danger de la foule, source d'égarement. « Moi, je suis d'avis qu'une chose,
bien qu'elle ne soit pas honteuse en elle-même, semble cependant l'être puisqu'elle est louée par la
foule. » (Cicéron, De Finibus, 2, 15). Pour déjouer ces mouvements populaires et populistes qui
mènent la gouvernance comme les gouvernés vers l'impasse, il convient de se former à la science
politique en particulier et à la philosophie en universel. Or dans ce domaine, il y a un maître, celui
qui fût le père de la pensée aristocratique occidentale, laquelle gouverna 2000 ans après lui :
Aristote. Il va produire la civilisation hellénique et le réalisme en philosophie. Ses successeurs
influencèrent l'occident jusqu'à la forme du régime. Cette pensée nourrît la France en particulier qui
la conjugua avec les révélations catholiques vers le paraclet. L'âge d'or français naquit et des esprit
chevaleresques et brillants virent le jour comme nulle par ailleurs. Saint Thomas d'Aquin en fit la
somme. Cette philosophie repose sur une méthode dont l'accès peut sembler difficile aux
intelligences communes qui arpentent les plateaux de télévision tout en ne sachant pas même la
différence entre la substance et l'essence d'un sujet... mais pour le Français lambda qui s'en instruit,
elle devient simple et d'une efficacité redoutable. « Comme le dit Cicéron, ce qui a paru dur
s’adoucit par l’usage. » ( Quintilien, Institution Oratoire, Livre 1, chapitre 5).


Conférence : initiation à la pensée droite.
https://www.youtube.com/watch?v=TGSDeMXp0sY


Cette philosophie présente une méthode, laquelle a plusieurs particularités. Elle est
polymorphe, car à chaque sujet la méthode s'adapte et permet d'en faire une correcte appréhension.
Elle est pluridisciplinaire, car un sujet appartient à un certain domaine, et il convient qu'un sujet
politique et un sujet poétique ne soient pas traités de la même façon. Elle est universelle car il n'y a
pas de sujet qui lui échappe, qu'il soit matériel ou immatériel. Et elle est fondatrice de ce que les
Français appellent « le bon sens » chez ceux qui n'ont pas terminé leur instruction mais qui s'y
conforment sans le savoir. Ce faisant, la méthode exigent de ceux qui la pratiquent une application
particulière à condamner l'usage « des idées » dans l'action. « La bonne délibération est une
certaine rectitude. » (Aristote, Ethique à Nicomaque, tr. J. Tricot, 6, 10). Mais dans une société qui                                                                                                                          abreuve ses esclaves naturels de chimères platoniciennes par des contenus invraisemblables,
prendre en considération cette menace idéaliste est déjà une difficulté que peu seront prêts à relever.
La même remarque est faite en religion. C'est pourtant l'enseignement de cette philosophie et de la
religion catholique qui permet le mieux de saisir la pensée des aristocrates français qui ont fait la
France. « Mais s'il est peu de personnes qui soient portées pour la noblesse, est-ce notre faute ? »
(Cicéron, Plaidoyer pour Plancius, 7). Cela relève du libre arbitre. L'important est que tous, les plus
droits comme les plus déréglés, en soient informés pour leur donner l'opportunité de choisir.
Conférence : les idéologies et la réponse philosophique.
https://www.youtube.com/watch?v=WDuUA51_dXc

Les Français qui poursuivent les deux apprentissages -philosophique et théologique-
découvrent alors ce qu'est la noblesse de l'âme et acquièrent le discernement des dangers guettant la                                                                                                                  roture qui en est dépourvue (sauf accident). Or la philosophie conclue à la mise en œuvre de la
vertu. L'esprit édifié se trouvera alors dans le devoir de réagir pour protéger les sujets de France de
leurs propres égarements et de ceux des autres qui les dominent. « Vous vous affermirez contre
l'infortune , en jetant les yeux sur les misères d'autrui, et en vous rappelant que vous êtes hommes. »
(Pensées morales d'Isocrate, CXXX). Lorsque le discernement grandit, les dérèglements
apparaissent. L'organisation de ceux-ci deviennent systémiques. Ils s'immiscent de façon insidieuse
dans le droit, jusque dans l'écriture des lois.


Conférence : le droit et le réalisme                                                                                                                                                                    https://podcasts.apple.com/us/podcast/pourquoi-les-civilistes-fran%C3%A7ais-nont-pas-connu-les/id538392035?i=1000117160388

Allant au bout des dérèglements, c'est le régime tout entier qui prend alors la forme déviante
la plus optimisée pour tenter d'en amortir la manifeste iniquité : « Quant à la forme d’oligarchie
correspondant à la démocratie extrême, et qui est la plus arbitraire et la plus tyrannique de toutes,
c’est pour elle une nécessité de multiplier les mesures de protection, en proportion même de sa
perversité. » (Aristote, Politique, tr. Tricot, 6,6). C'est alors l'émergence des pseudo-démocraties
crypto-oligarchiques souhaitées par les idéalistes platoniciens et dénoncées par les réalistes
aristotéliciens. « Le système de gouvernement tout entier qui nous est présenté [par Platon] tend, il
est vrai, à n’être ni une démocratie, ni une oligarchie, mais un milieu entre les deux, qu’on nomme
d’ordinaire république. » (Aristote, Politique, tr J.Tricot, 2, 6). Il convient de ne pas confondre le
régime de la république avec la res publica/bien commun dont la république platonicienne n'a que
faire : la « chose publique » est l'objet même du pouvoir, tandis que la république est un régime
légaliste fondé sur la loi du nombre dont l'expérience la plus longue ne dépassa jamais les 300 ans.
C'est l'histoire qui le dit. Nul doute qu'elle ne fera pas mieux dans notre époque. La décadence
grandissante des régimes démocratiques semble chaque jour confirmer ce scénario et les tendances
invalident le maintien de la forme démocratique du pouvoir en France pour celui qui évite de
raisonner depuis ses “idées” et qui règle son discernement avec rectitude.


Conférence : la querelle du discernement entre Platon et Aristote.
https://www.youtube.com/watch?v=wCOD1AFWhrg


Ainsi doté d'un discernement affûté, le Français lambda peut, à son niveau, commencer à
produire une action droite. Il s'évitera de nombreuses erreurs sur ce qui mérite d'être considéré
comme vraisemblable avant de se mettre à penser sur un sujet grave. De cette saine discrimination,
les aberrations du régime démocratique lui apparaitront une conséquence mécanique de sa nature.
Hormis les plus déréglés, même les universitaires financés par les régimes démocratiques en
conviennent : les “idées” démocratiques rendent les régimes illégitimes et inefficaces.

Conférence : les pathologies de la démocratie :
https://www.youtube.com/watch?v=qBr1_y6wf6E


Le réalisme philosophique si cher à la France se conjugue dans toutes les disciplines, y
compris les premières adjacentes de la politique : par exemple en droit international avec la gestion
des frontières, en droit militaire dans les cours martiales, en droit civil, etc. De nos jours, le manque
de méthode dans ces domaines génère un légalisme qui laisse se produire les pires iniquités pourvu
que la loi le prévoit. Dans ce cas, l'histoire retient que la justice d'épée s'est déjà employée avec
succès à régler ce problème. « Le nouvel ordre [chevaleresque] des choses ne déplaisait pas non
plus aux provinces qui avaient en défiance le gouvernement du sénat et du peuple,[...], et qui
attendaient peu de secours des lois, impuissantes contre la force, la brigue et l'argent. » (Tacite,
Annales, 1, 2).
La méthode influence aussi les secondes adjacentes de la politique comme l'économie et
l'écologie. Son absence dans ces domaines produit un résultat qui laisse voir l'étendue du
manquement : des crises à répétition, des effusions de sang et d'attentats partout dans le pays (pour
ne pas parler de guerre civile), et des dégradations manifestes des conditions de vie, aussi bien
celles des hommes et des femmes que de l'environnement naturel, ce qu'un peu de méthode pouvait
éviter : le contrecoup écologique de ce manquement sera terrible.


Conférence : L'effondrement inéluctable ?
https://www.youtube.com/watch?v=9ME2gHHEdH8


La méthode en philosophie n'est donc pas un accessoire qui se laisse découvrir par ceux qui
en auront le courage. Elle est ce qu'un enseignement correct transmet en premier avant tout le reste.
« Il vaut infiniment mieux être suffisamment instruit des choses essentielles [..] et avoir quelque
supériorité sur les autres dans des objets intéressants, que de briller dans de pénibles bagatelles. »
(Pensées d'Isocrate, CC). Et ceux qui en sont démunis parlent de politique comme un aveugle de
naissance commentant les couleurs. Ceux là doivent prendre la parole tôt pour les identifier vite. Ils
pourront volontiers réunir des disciples, faire de l'agitation et même animer des émissions et des
groupe de rédaction constitutionnalistes. Mais lorsque les décisions seront prises, lorsque le conseil
réel du roi se formera, il conviendra de les extraire des cercles décisionnaires qui reprendront la
gouvernance du pays pour le meilleur après avoir connu le pire.
Pour conclure, l'approche aristocratique de France est une actualité nouvelle pour la dernière
génération imbibée d'idéalisme. Mais elle est pourtant l'actualité continuelle des lieux du pouvoir
français depuis ses origines. Le bon sens français enseigne que les décisions de la vie ne doivent
pas se prendre à la légère selon nos passions comme le font les poétiques, qu'elles soient
romanesques, télévisuelles ou cinématographiques : dans la vie , la réalité nous rattrape toujours. Il
y a ceux qui en tiennent compte jusque dans les questions politiques et ceux qui feront selon leurs
“grandes idées.” « Voyez-vous quelle différence entre les véritables citoyens et cette misérable
populace ? » (Cicéron, Discours pour Sextius, 59). Et vous, lequel serez-vous, défenseur du régime
royal de France ou partisan d'une sixième cuvée de la république “à la mode platonicienne” ?

JanevA

Retour